| Après plus de 20 années de pratique du triathlon, je vis aujourd'hui encore de ce sport, avec l’aide de mon club, de quelques sponsors, et des primes de course. Il est vrai que nous sommes peu en France à être professionnels, car le triathlon est un sport dans lequel ne circulent pas de grosses sommes d'argent.
Les primes de courses peuvent aller jusqu'à 20 000 euros pour une victoire sur des courses internationales mais en moyenne c'est plutôt du 1000 à 2000 euros, voir rien du tout pour des courses en demi-teinte ! Je vis confortablement de mon sport, mais c'est vrai que les chiffres annoncés dans d'autres sports font tourner la tête, et ne sont pas comparables avec ce que peut gagner un triathlète aussi bon soit-il.
Personnellement, j'ai fait le choix de gérer tout seul mes relations avec mes sponsors, je ne passe pas par un agent, et l'argument financier, bien qu’important, ne rentre pas seul en ligne de compte.
Je privilégie aussi beaucoup le côté humain, et je collabore d’ailleurs uniquement avec des personnes que j'apprécie.
Au niveau de la vie, c'est vrai que c'est un mode de fonctionnement fort agréable, je voyage beaucoup (Australie, Nouvelle Zélande, Japon, Chine, Iles Vierges, Canada, USA, Hawaï, Mexique, Brésil, Nouvelle Calédonie, Guadeloupe, Réunion, Maurice, Afrique du Sud, et j’en passe !). J'organise ma vie comme il me plait tout en faisant attention à ne pas déraper dans la facilité.
Il faut en effet s'imposer une certaine rigueur et voir à long terme, sinon c'est la dégringolade assurée.
En ce qui concerne le calendrier, il y a des courses club (grand prix FFTri, coupe de France des clubs, championnats, …), des courses fédérales (championnats internationaux ITU), et quelques courses " perso " que l'on choisit sur des coups de cœur, ou invitations (XTerra, TriStar,…), suivant aussi ce qu'il reste comme place sur le calendrier. Une fois ce calendrier établi, il faut planifier son entraînement, les stages, de façon à préparer au mieux les objectifs et à inclure certaines courses dans cette préparation.
Le rôle de l'entraîneur est très important car il porte un regard objectif et dresse un plan d'entraînement avec des périodes de travail, des plages de repos, les grands objectifs, et les courses préparatoires. Je privilégie toujours la compétition, j’aime courir, et je me sers souvent de ces courses pour affiner mon entraînement spécifique, aussi il n’est pas rare que je parvienne à faire une trentaine de compétitions lors d’une saison.
Voilà en gros ce qui gravite autour du triathlon professionnel, c'est une vie passionnante, et si l'argent n'est pas le maître mot de notre sport, une expérience aussi enrichissante vaut n'importe quel salaire.
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